La grande lessive

mai 2000

Créée autour de quatre personnages, "La grande lessive" se déroule dans la laverie automatique d’une petite ville de province. On imagine aisément le genre de dialogues qui peuvent se nouer dans ce huis clos ménager. Mais ce jour-là, le quotidien vire au cauchemar : les machines se détraquent, les protagonistes sont à la dérive, les personnalités se révèlent. Entre le lavage et l’essorage, les vies se croisent, se confient, s’entrechoquent. Chacun s’accroche à ses rituels et ses manies, dans un univers savonneux que l’eau inonde de toute part.
Claudine, cheville ouvrière d’"Allo j’écoute", toujours en quête d’une âme qu’elle puisse sortir du désespoir, prodigue ses paroles de réconfort à chacun. Tel un ver qui s’enfonce goulûment vers le cœur pourri de la pomme, elle fait remonter à la surface les traumatismes quotidiens de ses compagnons de lessive. Peu à peu elle s’institue en bouc émissaire idéal dans l’esprit de ses trois suppliciés.
Derrière le burlesque et la dérision, le spectacle aborde des thèmes actuels : la violence sociale, l’exclusion, le fascisme ordinaire ; mais il développe aussi des sujets plus personnels : la solitude, la difficulté de séduire et le besoin de paraître. Des situations insolites et visuelles où le gag n’est jamais gratuit, des caractères plein d’humour et de vérité, la pièce entraîne le jeune spectateur dans un monde où les adultes dévoilent leurs faiblesses, révèlent leurs extravagances.

" Quand la machine tourne,
le temps suspend son vol.
Tôt ou tard, ça va s’arrêter
Et tu vas t’en aller,
Mais tant que ça tourne,
Tu restes là à regarder.
Au fond, c’est toi que tu regardes,
Mais tu ne le sais pas."

écriture et mise en scène : Jean-Michel Frère
distribution : Nicolas Buysse, Martine Godard, Pierre Lafleur, Sabine Thunus
scénographie : Charles Daix
lumières / régie : Joël Bosmans

avec l’aide du Centre Culturel de Dison, de la Maison de la Culture de Famenne-Ardenne et du Centre Culturel de Welkenraedt